Mai 1999 | La Charte européenne des langues régionales et minoritaires
Nicole Théry (député PS des Pyrénées-Atlantiques) et Bernard Poignant (maire PS de Quimper) appuient la ratification du texte. Le Conseil dÉtat, le 24 septembre 1996, avait pourtant rendu un avis défavorable sur la Charte au regard de la Constitution tandis que le juriste Guy Carcassonne, saisi du problème par le Premier ministre, délivrait des conclusions nuancées : en procédant à une analyse point par point de la Charte, il distinguait les articles « acceptables » de ceux qui ne létaient pas et, se fondant sur la possibilité de scinder le texte, se prononçait pour une adoption a minima. Il sagissait donc de permettre le développement de lenseignement des langues régionales mais non den autoriser lusage dans les rapports entre les individus et ladministration ou la justice. Comme laffirme larticle 2 de la Constitution : « La langue de la République est le français. » La Charte fut signée le 7 mai 1999 à Budapest. La France sest ainsi engagée à reconnaître un « droit imprescriptible » de pratiquer « une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée et publique ». Alain-Gérard Slama écrivait, dans Le Figaro Magazine (15 mai 1999) : « De la traduction en langue vernaculaire des textes officiels aux règlements intérieurs des entreprises et aux plaques indicatrices des noms de lieux, que de revendications nouvelles, que de conflits nouveaux se préparent ! » Les réserves émises par la France ne résisteront sans doute pas longtemps aux poussées jurisprudentielles tant en France quà la Cour européenne des droits de lhomme. On nous prépare une régression dans tous les sens du terme aux temps immémoriaux du féodalisme, en niant des siècles de patiente construction nationale, en réhabilitant les particularismes, en affaiblissant, après labandon du franc au profit de leuro, un nouveau symbole de lunité nationale : le français. Par petites touches, subrepticement, on sape lidée moderne de la nation, celle qui a permis depuis au moins un siècle de faire coïncider lidentité et luniversalité. La question est alors : qui peut y avoir intérêt ? Faut-il y voir une manipulation menée par les idéologues fédéralistes ? ou bien une réaction venue de la base, un contre-poids à la mondialisation, à la dissolution des identités nationales au profit dun magma pré-culturel ou post-culturel importé des États-Unis ? |